Le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) est une obligation pour toute entreprise employant au moins un salarié. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) y occupent une place centrale — et souvent mal traitée.
Toute entreprise, dès le premier salarié, a l'obligation légale de rédiger et tenir à jour un document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Ce document recense l'ensemble des risques auxquels les salariés sont exposés, poste par poste, et doit déboucher sur un plan d'actions de prévention concret.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) — douleurs et lésions touchant les articulations, muscles et tendons, en particulier au niveau des épaules, du dos, des poignets et des coudes — représentent aujourd'hui plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues en France, selon les données de l'INRS. C'est, de loin, le premier poste de risque professionnel dans la majorité des secteurs d'activité, bien au-delà de l'industrie : bureaux, commerce, santé, logistique sont tous concernés.
Le DUERP doit être mis à jour au moins une fois par an, ou dès qu'un changement significatif intervient dans l'organisation du travail. Chaque version doit être conservée pendant 40 ans et rester accessible aux salariés, aux représentants du personnel, aux services de prévention et à l'inspection du travail.
Un point mérite d'être clarifié : la mise en place d'un portail numérique national de dépôt du DUERP, annoncée depuis plusieurs années, n'est toujours pas opérationnelle à ce jour. Cela ne change rien aux obligations de fond : l'absence de portail ne dispense aucune entreprise de rédiger, mettre à jour et faire vivre son document unique.
Un DUERP qui se contente de lister les risques sur le papier, sans plan d'action suivi d'effet, n'a pas grande valeur — ni juridique en cas de contrôle, ni pratique pour vos équipes.
Dans la pratique, beaucoup d'entreprises évaluent le risque TMS de façon déclarative — en s'appuyant sur les retours ponctuels des salariés ou une grille générique — sans réelle observation des postes de travail. Résultat : le DUERP existe, mais le plan d'action qui en découle reste souvent générique (rappel des règles d'ergonomie, affichage de consignes) et ne traite pas les causes réelles, propres à chaque poste et à chaque geste métier.
Une évaluation sérieuse du risque TMS suppose une observation de terrain : analyse des postures, des gestes répétitifs, des charges manipulées, du rythme de travail — puis un accompagnement individualisé des salariés les plus exposés.
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