Les TMS ne surviennent presque jamais brutalement. Ils s'installent progressivement, et plusieurs signaux permettent de les anticiper avant que la douleur ne devienne chronique.
Les troubles musculo-squelettiques résultent le plus souvent d'une exposition répétée, sur des semaines ou des mois, à des contraintes physiques mal identifiées. Un manager ou un responsable RH n'a pas besoin d'être expert en ergonomie pour repérer les premiers signaux — encore faut-il savoir où regarder.
Un poste où le même geste est reproduit des centaines de fois par jour, sans alternance de tâches ni de posture, est un terrain propice aux TMS — même si chaque geste pris isolément paraît anodin. C'est la répétition, plus que l'intensité, qui use l'articulation.
Bras au-dessus de l'épaule, dos penché en avant, poignet en torsion prolongée : ces postures, si elles sont tenues plusieurs minutes d'affilée et répétées tout au long de la journée, génèrent une fatigue musculaire qui, cumulée, devient un facteur de risque à part entière.
"J'ai mal au dos en fin de journée", "mon poignet me tire" : ces remarques, glissées en passant et rarement formalisées en accident du travail, sont pourtant un signal précoce. Elles précèdent souvent de plusieurs mois un arrêt de travail ou une déclaration en maladie professionnelle.
Quand les arrêts courts se répètent sur un même poste ou une même équipe, indépendamment des personnes qui l'occupent, le problème n'est généralement pas individuel — il est lié au poste lui-même. C'est un signal fort, souvent négligé parce qu'il est dilué dans les statistiques globales d'absentéisme.
Un plan de travail à mauvaise hauteur, un siège non réglable, un outil mal équilibré : ces défauts d'aménagement, parfois hérités et jamais réévalués, obligent le corps à compenser en permanence — la première cause silencieuse de TMS sur de nombreux postes.
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